Web 2.0, un terme à la mode mais qui ne fait pas l'unanimité. A l'origine du terme : Tim O'Reilly. Dans son article fondateur (What is Web 2.0), il redéfinit l'Internet non plus comme un média (où les sites Web sont autant d'îlots d'informations isolées) mais comme une plate-forme : un socle d'échanges entre les utilisateurs (l'auteur parle d'intelligence collective) et les services ou les applications en ligne.
Définition :
La première difficulté lorsque l'on s'intéresse au Web 2.0 est de cerner son contour.
S'il est facile de dire si une application ou un document est XML (il faut et il suffit pour cela qu'il soit conforme à la recommandation XML 1.0 ou 1.1), il est beaucoup plus difficile de dire si une page web est Web 2.0.
Le Web 2.0 n'est pas un standard mais plutôt une série de principes d'utilisation de technologies existantes. Il est à ce titre comparable à REST (Representational State Transfer) qui est également une série de principes d'utilisation de technologies existantes.
Mais, me direz-vous, il est facile de dire si une application est conforme à REST, pourquoi n'en est-il pas de même du Web 2.0?
REST est un concept clairement défini dans un document unique, la thèse de son inventeur, Roy Fielding, qui en décrit précisément les principes.
Le Web 2.0 est au contraire un concept flou qui regroupe un certain nombre de tendances et chacun semble en avoir sa propre définition comme on peut le constater devant la foison d'articles décrivant « ce qu'est le Web 2.0 ».
Si, pour fixer les idées, il nous faut nous définir le Web 2.0, je retiendrai deux définitions.
La première est celle de Wikipédia :
"Web 2.0 est un terme souvent utilisé pour désigner ce qui est perçu comme une transition importante du World Wide Web, passant d'une collection de sites web à une plateforme informatique à part entière, fournissant des applications web aux utilisateurs. Les défenseurs de ce point de vue soutiennent que les services du Web 2.0 remplaceront progressivement les applications de bureau traditionnelles."
Wikipédia nous renseigne également sur l'origine du terme :
"Le terme a été inventé par Dale Dougherty de la société O'Reilly_Media lors d'un brainstorming avec Craig Cline de MediaLive pour développer des idées pour une conférence conjointe. Il a suggéré que le Web était dans une période de renaissance, avec un changement de règles et une évolution des business model."
Avant de poursuivre avec des exemples illustrant la différence entre « Web 1.0 » et Web 2.0 :
"DoubleClick, c'était le Web 1.0 ; Google AdSense, c'est le Web 2.0. Ofoto, c'était le Web 1.0 ; Flickr, c'est le Web 2.0."
Google qui a lancé AdSense en 2003 faisait donc du Web 2.0 sans le savoir avant que le terme ne soit inventé en août 2004!
Volet technique
Une des caractéristiques du Web 2.0 est d'être accessible à toutes les versions relativement récentes des navigateurs actuels, ce qui faisait dire à Mike Shaver dans sa présentation d'ouverture de XTech 2005 que "le Web 2.0 n'est pas un « big bang » mais une succession de « small bangs »" .
Bridé par le parc de navigateurs installés, le Web 2.0 s'appuie donc sur des technologies que l'on peut qualifier sans risques de « mûres » :
- HTML (ou XHTML se faisant passer pour du HTML puisque Internet Explorer n'accepte pas de documents XHTML se déclarant comme tels) dont la dernière version date de décembre 1999.
- Un sous ensemble de CSS 2.0 supporté par Internet Explorer (la recommandation CSS 2.0 a été publiée en mai 1998).
- Javascript (introduit par Netscape dans son navigateur en 1995).
- XML (recommandation publiée en 1998).
- Syndication Atom ou RSS (RSS a été créé par Netscape en 1999).
- Protocole HTTP (la dernière version de HTTP a été publiée en 1999).
- Identifiants universels URI (publiés en 1998)
- REST (thèse publiée en 2000)
- Services web (les premières API XML-RPC pour Javascript ont été publiées en 2000).
L'utilisation de XML sur HTTP en mode asynchrone en Javascript s'est vu décerner le nom de « Ajax ».
Le Web 2.0 est donc l'appropriation par les développeurs web de technologies âgées de cinq à dix ans pour apporter une ergonomie différente à leurs utilisateurs : si c'est une révolution, c'est une révolution dans l'utilisation des technologies et non une révolution des technologies elles-mêmes. |